La lasure : un glacis à l’huile de lin
Dans la très grande diversité des recettes traditionnelles à l’huile de lin, la lasure occupe une place qui ne se réduit toujours pas. Sans doute grâce à son adaptabilité et sa simplicité ! Les ingrédients sont faciles à trouver et bon marché, et la mise en œuvre n’offre pas de difficulté particulière.

Une recette pour le décor du bois
La lasure est une couche protectrice et décorative transparente qui met en valeur les veines du bois. C’est aussi une bonne alternative à la traditionnelle céruse, adaptée également aux bois tendres pour lesquels il n’est pas possible de creuser les veines au préalable comme le demande une vraie céruse.

L’huile de lin
En peinture, on utilise l’huile de lin pour ses propriétés siccatives (sa faculté de sécher au contact de l’air). Elle peut néanmoins être remplacée par d’autres huiles aux mêmes propriétés : lin, noix, œillette ou carthame.
L’huile de lin, si elle sèche relativement vite et donne un film dur, a tendance à jaunir avec le temps, surtout si elle ne reçoit pas assez de lumière. On évitera de l’utiliser pour des peintures très claires (je ne l’utilise pas pour mes imitations de marbres blancs par exemple). On pourra alors choisir de l’huile d’œillette – même si elle sèche beaucoup plus lentement et qu’elle est beaucoup plus chère.
Pour une peinture de type « bâtiment », l’huile de lin convient en général très bien.
Attention ! L’huile d’arachide, de colza ou l’huile d’olive n’étant pas siccatives, il vaut mieux ne pas les utiliser pour vos peintures, la couche risquerait de ne jamais sécher !
La recette de base du glacis à l’huile
Ingrédients
- 1 part d’huile pour 2 parts d’essence (térébenthine ou citrus)
- pigment au choix.
Adjuvant facultatif
- quelques gouttes de siccatif (si l’on est pressé !).
- Mélanger une partie de l’huile avec le pigment en écrasant au couteau à palette ou avec le dos d’une cuiller. La quantité d’huile varie en fonction du pigment choisi. La consistance finale doit être crémeuse.

2. Laisser reposer quelques minutes afin que le pigment s’imbibe (cette pâte se conserve dans un bocal hermétique, recouverte d’une pellicule d’huile).
3. Mélanger avec le reste de l’huile.
4. Ajouter ensuite l’essence. Ce glacis, composé d’un tiers d’huile et deux tiers d’essence est dit « maigre ». Pour un glacis « gras », doubler la proportion d’huile.

5. Le temps de séchage du glacis à l’huile, assez long, peut être réduit par l’ajout de quelques gouttes de siccatif (pas plus de 1 cuiller à café par litre de glacis).
6. Appliquer au spalter, en couche très fine.
Cette recette en détail, avec une cinquantaine d’autres se retrouve dans mon manuel pratique « Peintures, recettes maison »
172 pages illustrées pas-à-pas, éditions Le Bec en l’Air 2010.



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